Calcul du point mort : un outil clé pour préparer la vente de votre entreprise
Dans le cadre de la vente de votre entreprise (PME, TPE, commerce…), il est essentiel de vous préparer de façon rigoureuse. Parmi les indicateurs financiers à connaître, le calcul du point mort est souvent sous-estimé alors qu’il peut faire la différence lors des discussions avec un repreneur.
En effet il s’agit d’un indicateur clé à connaître pour le repreneur pour mieux connaître la rentabilité qu’il peut espérer.

Qu’est-ce que le point mort ?
Le point mort, est aussi appelé seuil de rentabilité et correspond au chiffre d’affaires que votre entreprise doit réaliser pour couvrir l’ensemble de ses charges (fixes et variables).
Autrement dit, tant que votre chiffre d’affaires n’a pas atteint ce seuil, votre société perd de l’argent. Une fois ce seuil dépassé, elle commence à générer des bénéfices.
Pourquoi est-ce important ? Parce qu’un repreneur potentiel voudra rapidement savoir :
- Quelle marge de sécurité existe entre votre activité réelle et votre point mort ?
- A partir de quel niveau d’activité votre entreprise devient rentable ?
- Quel est le risque si le chiffre d’affaires baisse ?
Comment calculer le point mort ?
Le calcul du point mort repose sur deux grandes notions : les charges fixes et les charges variables.
- Charges variables : elles augmentent et diminuent avec votre chiffre d’affaires (coût des matières premières, frais de production, etc.).
- Charges fixes : ce sont les dépenses qui ne dépendent pas directement du niveau d’activité (loyers, salaires administratifs, abonnements, assurances, etc.).
Charges fixes annuelles / Taux de marge sur coûts variables*
*Le taux de marge sur coûts variable désigne le chiffre d’affaires qui reste à l’entreprise une fois les charges variables payées.
Exemple :
- Charges fixes : 300 000 €
- Chiffre d’affaires annuel : 1 000 000 €
- Charges variables : 600 000 €
Chiffre d’affaires – charges variables / Chiffre d’affaires
400 000 / 1 000 000 = 40%
Point mort = 300 000 / 0,4 = 750 000€
L’entreprise commence à être rentable à partir de 750 000 € de chiffre d’affaires annuel.
Comment utiliser le point mort dans la préparation à la vente ?
Mettre en valeur la solidité de votre entreprise
Si votre chiffre d’affaires réel est largement au-dessus du point mort, vous pouvez montrer à un acheteur que votre société a une bonne marge de sécurité. C’est rassurant pour un repreneur, car cela signifie que même en cas de baisse temporaire de l’activité, l’entreprise resterait rentable.
Anticiper les questions du repreneur
Un acquéreur va chercher à comprendre :
- Quel volume de ventes est nécessaire pour maintenir la rentabilité ?
- Quels sont les risques si certains clients partent ?
- Est-ce que l’activité peut supporter un emprunt lié au financement de l’achat ?
Identifier d’éventuelles fragilités à corriger avant la vente
Si votre chiffre d’affaires est proche du point mort, ça peut être un point d’inquiétude pour vos potentiel repreneurs. Essayez donc de prendre des mesures de correction avant la vente :
- Réduire certaines charges fixes
- Sécuriser du chiffre d’affaires récurrent (contrats, abonnements)
- Améliorer votre taux de marge
Quelles sont les limites du calcul du point mort ?
Le point mort est une donnée essentielle à connaître mais elle n’est qu’une donnée parmi d’autres. Attention de bien prendre en compte :
- Si des investissements sont nécessaires pour maintenir ou développer l’activité
- Quels sont les besoins en fonds de roulement (si votre activité nécessite un décalages de trésorerie)
- Quelles sont les évolutions possibles du marché
C’est pourquoi il doit être combiné à une analyse plus large de la rentabilité, de la trésorerie et des perspectives.
Conclusion
Calculer votre point mort est simple et c’est une information qui peut largement être à votre avantage dans les négociations que vous mènerez dans le cadre de la vente de votre société. Connaître précisément où se situe votre seuil de rentabilité permet de montrer que vous maîtrisez vos chiffres et la rentabilité de votre entreprise. Cela permettra de rassurer les acheteurs et de vous préparer à argumenter sereinement pendant vos négociations.
